Il était un petit navire il y a plus de 20 ans, qui voguait gaiment. A l'époque, on y scannait avec joie, on naviguait sereinement, On se sentait presque à la maison.
Un jour on a voulu faire des projets d'informatique sans vraiment y croire. On s'en foutait, les projets pleuvaient, le fric coulait à flot et l'ambiance sur le pont était encore familliale. Mais vite, on se rendit compte que l'informatique jusque là inoffensive pouvait être un ogre fricovore. Aïe, grosse douleur aux bourses!
C'est alors que furent posés sur des sièges éjectables trop rouillés, des "capitaines" qui s'avérèrent vite atteints du ciboulot. L'un d'eux, grâvement touché par l'obsession des chiffres, se prit pour un empereur ridicule assis sur un cheptel d'esclaves modernes. L'autre, de faible nature, baissait la tête pour éviter de ces victimes les regards insupportables. Quelle chance avions-nous dans une telle tempête? Notre calme croisière eut vite un vieux goût tout pourri de grosse galère... Snif!
Depuis, le cageot mené par des fous prend l'eau. Les matelots voguent vers d'autres rivages plus cléments, parfois. Ceux qui restent attendent le calme qui suit les tempêtes même si le naufrage paraît désormais inévitable.
Pourtant il arrive encore que les valeureux marins accostent à une taverne du port où ils se retrouvent une bière à la main pour fabriquer les légendes qu'ils raconteront demain fièrement à leurs petits enfants.
On pense même que le fier vaisseau a manqué sa vocation de petit bijou insubmersible. Quelle triste ironie! En cette heure où l'embarcation semble vivre ses derniers instants sans honneur et sans qu'aucun moussaillon ne se retourne sur le mourant décharné, deux questions restent sans réponse: Que reste-t-il du formidable équipage dispersé aux quatre vents? N'a-t-il donc été qu'un autre radeau de la Méduse, ce raffiot?
Toi qui te souviens encore de la cuisine qui fit de vous un équipage, te voici offerte l'unique occasion de répondre à ces deux simples questions...
Bon vent jusqu'au prochain article!



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